Un coureur français de 3000 m steeple, Stéphane Desaulty, a été interpellé par la police mardi en région parisienne alors qu'il tentait de se procurer de l'érythropoïetine (EPO, produits dopant) avec des ordonnances volées, a révélé vendredi le quotidien Le Parisien.
Interrogé par le journal, l'athlète, âgé de 31 ans, 7 fois international et 7e performeur français de tous les temps sur la distance (8 min 16 sec en , a reconnu avoir "entrepris une démarche dopante" mais n'avoir pas eu le temps de passer à l'acte.
"On m'a arrêté avant", a-t-il expliqué en affirmant avoir réalisé toutes ses performances "en étant propre".
Informé en janvier qu'il allait perdre l'emploi-jeune qu'il occupait depuis cinq ans au sein de son club, la VGA Compiègne, il a alors estimé que son salut pourrait passer par une sélection pour les Championnats du monde, le mois prochain à Paris.
"J'ai compris que j'allais me retrouver au chômage. Je me suis dit que mes 14 années d'athlétisme n'avaient servi à rien, qu'elles ne m'aideraient pas à subvenir aux besoins des miens. Tant de sacrifices pour rien", s'est-il souvenu.
"Mourir jeune"
"Tu finis par banaliser certaines choses. Jusqu'au jour où tu te dis: +Je vais faire ça et tant pis si je me fais attraper+", a-t-il expliqué.
Les risques pour sa santé ne l'ont pas dissuadé: "J'ai surtout pensé à ma fille. Je souhaite qu'elle vive longtemps et bien. Peu importe si pour cela je devais mourir jeune."
"Dans ma tête, je pensais qu'une participation aux Championnats du monde m'ouvrirait des portes, a-t-il reconnu. J'ai seulement voulu subvenir aux besoins de ma famille et donner un sens à ces 14 années passées sur la piste."
Né le 8 janvier 1972 à Amiens, Desaulty a été champion de France Espoirs en 1993 et 1994. Meilleur performeur français de la saison 1997 (8:22.74), il n'avait pu réaliser en 2002 que le 8e temps (8:31.17). Cette année, il avait plafonné (8:26.91), ce qui ne lui permettait pas d'espérer une sélection pour les Mondiaux.
Il y a un an, un autre athlète français de haut niveau, le lanceur de marteau David Chaussinand, alors âgé de 29 ans, 2e performeur français de la saison (80,68 m) et titulaire d'un emploi-jeune, avait reconnu s'être dopé dans des circonstances comparables.
"Je l'ai fait de manière totalement individuelle. C'était d'une part pour supporter les entraînements, une sorte de rééquilibrage hormonal, mais je l'ai fait aussi et surtout pour nourrir ma famille", avait-il expliqué.

