Fouad Chouki, contrôlé positif à l'érythropoïétine (EPO) après la finale du 1500 m des Mondiaux d'athlétisme de Paris/Saint-Denis le 27 août, a clamé son innocence et indiqué avoir demandé une contre-expertise.
"Je conteste formellement avoir eu recours au dopage, affirme le huitième des Mondiaux dans une lettre transmise dimanche. Désireux de faire toute la lumière sur cette affaire, j'ai évidemment sollicité l'examen de l'échantillon B."
Informé mardi dernier par la Fédération française que "le test urinaire pratiqué fait apparaître des traces d'EPO", Chouki qui encourt une suspension de deux ans se justifie en expliquant avoir été contrôlé juste avant le rendez-vous au Stade de France.
"Pour rappel, le 22 août 2003 (la veille de l'ouverture des Mondiaux), j'ai subi un double contrôle inopiné, sanguin et urinaire, qui s'est avéré négatif, souligne le Strasbourgeois (24 ans).
"Outre le fait que la prise d'EPO est en soi répréhensible, le recours a un tel produit dans les jours qui ont précédé la finale (après le 22 août et avant le 27) aurait constitué une conduite totalement irrationnelle et suicidaire", poursuit Chouki.
"J'entends me battre avec force dans le cadre disciplinaire défini par les règlements de la FFA afin de faire reconnaître mon innocence", a ajouté Chouki, qui a pris les conseils d'un avocat belge, Me Dupont.
"Ce n'est pas une bonne nouvelle. On a l'impression d'assister à un film. Et puis il y a la réalité à affronter avec courage", a déclaré l'entraîneur de l'athlète, Hassan El Idrissi, averti mercredi par Chouki des résultats du contrôle antidopage. "Fouad était très triste et ne comprenait pas mais maintenant il est déterminé", a ajouté El Idrissi.
Deux jours avant le début des épreuves, la FFA avait publiquement délivré un avis médical négatif à l'athlète, victime d'une lésion musculaire -confirmée après examens- après sa troisième place le 15 août à Zurich, où il avait établi un nouveau record de France du 1500 m. Résolu à courir, Chouki s'était rendu à Rouen pour consulter son entraîneur et un ostéopathe.
Lors de la finale, le champion de France en titre avait longtemps espéré remporter la médaille de bronze derrière le Marocain Hicham El Guerrouj et son compatriote Mehdi Baala.
A 40 m de l'arrivée, Chouki avait craqué pour finir huitième et la ligne franchie, il s'était écroulé en se tenant le mollet avant d'être évacué sur une civière.

