Deux coureurs de demi-fond et leur entraîneur du Stade Sottevillais (banlieue de Rouen) ont été relâchés jeudi après 48 heures de garde à vue au SRPJ de Rouen et à Nanterre (pour l'entraîneur) dans le cadre d'une enquête sur un présumé trafic de produits dopants, sans être mis en examen.
Affirmant qu'ils n'avaient "rien à se reprocher", Mounir Yemmouni (22 ans), champion d'Europe espoirs du 1500 m, et Rachid Chékémani (32 ans), qui a participé au cross court du dernier Championnat du monde de Saint-Galmier (Loire), avaient été interpellés mardi soir par la police à Rouen, selon le journal L'Equipe de jeudi.
Leur entraîneur Hassan el-Idrissi, ancien entraîneur de Fouad Chouki, avait également été interpellé pour être entendu à l'Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (OCTRIS) de Nanterre.
En sortant de leur garde à vue, les deux athlètes ont lu un communiqué dans les locaux de leur club. Ils ont refusé de répondre aux questions des journalistes, se disant "à bout" et "n'ayant pas leur tête". Ils ont indiqué qu'ils pourraient parler vendredi.
Yemmouni et Chékémani ont affirmé qu'il n'avait été trouvé chez eux que des "compléments alimentaires et des vitamines". Ils ont ajouté que les tests sanguins, capillaires et urinaires auxquels ils ont été soumis prouveront que "les accusations (...) sont infondées".
"Chasse aux sorcières"
Leur entraîneur a lui affirmé dans un communiqué lu par la direction du club de Sotteville-lès-Rouen que la police a "souhaité l'entendre suite à l'interpellation des deux athlètes en possession de vitamine".
Selon L'Equipe, la compagne d'el-Idrissi, Carla Tavarez, elle-même athlète, a également été arrêtée alors qu'elle remettait à Yemmouni un colis de produits actuellement en cours d'analyse.
El-Idrissi a évoqué une "chasse aux sorcières (...) Certaines personnes tentent de renforcer le processus de stigmatisation mis en place depuis l'affaire Chouki".
El-Idrissi avait défrayé la chronique en 2003, alors qu'il était entraîneur de Fouad Chouki, actuellement dans l'attente d'une décision du Tribunal arbitral du sport (TAS) concernant son contrôle antidopage subi à l'issue de la finale du 1500 m des Mondiaux d'athlétisme, en août 2003 au Stade de France.
Contrôlé positif à l'EPO (erythropoïétine), il avait été suspendu pour 24 mois, dont 18 mois ferme.
De son côté, la Fédération française d'athlétisme (FFA) a estimé dans un communiqué que cette enquête "montre la pertinence du système français de lutte contre le trafic de produits dopants" et souhaité "que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Si les faits reprochés s'avéraient exacts, la FFA, comme elle l'a toujours fait, prendrait toutes les mesures nécessaires".
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