Benoît Z Rejoint les Kenyans

Date 16/01/2001 15:26:02
Sujet : Articles de presse


© 2000 , Tous droits réservés


Peu après les départs de Christine Arron et Eunice Barber aux Etats-Unis, c'est au tour d'un marathonien français, Benoît Zwierzchlewski, de tenter une aventure à l'étranger. En partance pour les hauts plateaux du Kenya, le champion de France des 42,195 km compte sur le contact avec les meilleurs mondiaux pour passer un nouveau cap.

A peine avait-il débarqué à Brescia, dans le nord de l'Italie, en milieu de semaine dernière, que l'énigmatique sorcier à barbe blanche Gabriele Rosa demandait à Benoît Zwierzchlewski de monter sur le tapis roulant afin de le tester. Visiblement, ce fut concluant. Rosa, le grand manitou du plus impressionnant groupe de marathoniens au monde, enverra, jeudi, le plus atypique des coureurs français à Eldoret, berceau de la course à pied kenyane, pour un mois d'entraînement. Un mois à se frotter à Paul Tergat, quintuple champion du monde de cross en reconversion sur 42,195 km, à Moses Tanui et consorts. Un groupe qui fait pleuvoir les chronos en 2 h 7' et moins. Bref, de quoi plonger le Français dans un bain aux relents mélangés d'excitation et d'appréhension.







« Je vais m'entraîner avec les meilleurs du monde, se réjouit le Nordiste. Je vais pouvoir profiter de l'effet de groupe, ce qui était impossible en France. Ils m'ouvrent la porte, je vais donc foncer tête baissée. C'est super motivant. Mais je ne peux pas encore dire que ça va être une réussite. » Rosa a prévenu le nouvel arrivant : « Les Kenyans travaillent aux sensations ; il y en a toujours un pour allumer les autres ; il faudra donc trouver un programme adapté pour ne pas se brûler les ailes. »







À vingt-quatre ans, l'éternel espoir du fond français, double champion d'Europe juniors des 5 000 m et 10 000 m en 1995, 14e du Mondial de cross juniors la même année, prend donc un nouveau virage radical. À l'image d'une trajectoire en zigzag ? Benoît Zwierzchlewski explique : « Depuis mes résultats en juniors, je cherche ma voie seul. J'ai rencontré des gens intéressants, comme Pat Porter ou Vincent Rousseau (et plus récemment, très brièvement, Alain Dallenbach). Mais mon problème n'a jamais été réglé : c'est resté du coaching. »







Avec Rosa, le partenariat de base devrait être de six mois. Après quoi, un point sera fait. À l'image de Tergat, qui effectuera son premier marathon à Londres, en avril, tout le groupe prépare actuellement intensivement les échéances du printemps. Pour Benoît, ce sera le marathon de Paris. Le Nordiste en saura déjà beaucoup plus d'ici à quinze jours. « Peut-être que je ne réussirai pas à m'adapter. » Jusqu'ici, rares sont les athlètes blancs qui ont tenté l'expérience kenyane.







L'Allemand Dieter Baumann, champion olympique du 5 000 m en 1992, y a effectué plusieurs séjours, mais en gardant toujours un pied à l'extérieur du groupeÂ… Quant à la réputation sulfureuse de Rosa, l'athlète français tranche : « J'ai ma conscience pour moi. Ce groupe est le meilleur du monde et, point positif, ses athlètes durent, ce qui est rare au Kenya. De toute façon, dès qu'il y a résultats, il y a soupçon. Mais si on raisonne comme ça, Eunice (Barber) ne va pas aux États-Unis, Christine (Arron) non plus et Pérec n'aurait pas eu ses résultats. Il faut faire confiance aux athlètes qui se bougent. » Pour lui, l'objectif est maintenant de confirmer son énorme potentiel et de ne plus se contenter de coups d'éclat (tels ses prometteurs 2 h 10'51" en 1998 et son titre national en octobre dernier en 2 h 10'47"). Sorti d'une spirale de blessures, il dit maintenant vouloir se construire un palmarès seniors. « Mais ça prendra du temps. »



Cet article vient de La course à pied avec Coursapied.com
http://www.coursapied.com

L'URL pour l'article est :
http://www.coursapied.com/ixm_ixpnews.php?file=article&story_id=45